AEmergence 2018

13-15 RUE DU PONT AUX CHOUX, Paris, 17-21 Octobre 2018

Agathe Toman_AEmergence_20 octobre 2018

Retour sur les foires d’art contemporain du week-end…/ Acte 5 /

De nouvelles foires d’art contemporain ont pris leur envol cette année. C’est le cas d’AEmergence, initiative associative proposée par des chercheurs en histoire de l’art, commissaires d’exposition indépendants, artistes…, à l’inverse de bien des foires animées par les galeries d’art. AEmergence entend soutenir la scène émergente internationale et se déploie cette année dans le remarquable espace de Station, rue du Pont-aux-Choux (3e arrdt).

Marina Mardas, of decay, 2018

Parmi les jeunes artistes exposés, j’ai retenu le travail de la française Agathe Toman qui s’est tournée vers le dessin et la peinture après une formation de stylisme et développe des abstractions poétiques et oniriques, laissant libre jeu à l’interprétation et à l’émotion, principalement en noir et blanc.« Of decay », court métrage interactif, également en noir et blanc, de Marina Mardas, artiste d’origine libanaise et sociologue de formation, qui interroge, tout en s’inspirant de références post-modernes voire ésotériques, les concepts de mémoire, de temps et de cosmos ou ce qui nous constitue en tant qu’homme. « Of decay » présente la naissance de la nature, la civilisation et le retour au chaos dans une conception cyclique du temps. Elle s’accompagne d’un nuage de mots construit autour des notions de vide, d’essence et d’évolution et que l’on est appelé à enrichir.

Une remarquable et troublante série photographique, « relevé de terre », de Clara Saracho de Almeida, auteur des « Antipodes » du dernier salon de Montrouge, qui poursuit sa réflexion sur les origines, la perception du monde, géographique, historique, mythologique comme biais pour interroger notre propre relation aux autres. Son travail sonde de plus en plus l’espace et notre rapport physique à la terre (pesanteur, équilibre, déplacement..). Le travail entre photographie et performance de Florent Chrétien V, lui aussi sociologue de formation, qui se met en scène dans l’espace urbain qu’il questionne et où il cherche des espaces de liberté.

La peinture singulière et imprégnée d’une sourde mélancolie et d’une solitude prégnante de Jean Claracq, élève de Philippe Cognée déjà remarqué lors des expositions 100% Beaux Arts à la Villette et Felicità 2018. Celui-ci développe un travail sobre, précis et soigneusement construit, chargé de références, mais dont il émane un certain malaise. Un regard sans concession sur une société de l’image, de l’écran souvent aux dépens de la relation humaine. Les éventails peints de la chinoise Min Ma, inspirés de Confucius et de sa mise en relation entre paysage naturel et vertus humaines. Les « vanités » sérigraphiées de l’ère Anthropocène de Loup Lejeune, qui présente différents matériaux (pétrole, os, minéraux, glace…) dont il observe les propriétés et les changements (fontes, oxydation, porosité…) et qu’il charge d’une réelle temporalité. Le travail poétique de Thomas van Reghem, qui explore souvent des forces ou matériaux duels tels que terre et cendre, feu et glace, construction et destruction. Travail sur la marge, la perte, le chaos comme principe vital par excellence.

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Author: Instant artistique

Conservateur de bibliothèque. Diplômée en Histoire et histoire de l'art à l'Université Paris I et Paris IV Panthéon-Sorbonne. Classes Préparatoires Chartes, École du Patrimoine, Agrégation Histoire. Auteur des textes et de l'essentiel des photographies de l'Instant artistique, regard personnel, documenté et passionné sur l'Art, son Histoire, ses actualités.

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