PALAIS TOKYO, Paris, Février-Mai 2016

Un beau moment dans les nouvelles expositions du Palais de Tokyo hier. Quelques très belles pièces des Quistrebert, notamment le triptyque d’ouverture de l’exposition, nourri de références à l’histoire de l’art moderne, entre peinture et projection, ainsi qu’une vidéo qui convoque les dispositifs de l’art cinétique voire de l’art psychédélique.
De l’art optique, nous ne retenons que la sensation de vertige, les mécanismes qui mènent visuellement à un état proche de l’ivresse légère en défiant la fiabilité de l’oeil.
Une importante rétrospective Alberola, soit l’ensemble de ses néons et de nombreuses séries picturales ou dessinées (le roi de rien, paupière inférieure/paupière supérieure, fin des opérations..), toujours entre abstraction et figuration. L’approche est thématique : le cinéma, le jeu, la contradiction, l’économie etc. Les références parcourent tout l’oeuvre de l’artiste : références littéraires (Kafka, Stevenson…), philosophiques (Marx…), cinématographiques, de même que la réflexion sur le fait politique et une bonne dose d’ironie voire de sarcasme.
L’installation de Sara Favriau se révèle d’une grande beauté : sculpture monumentale en bois, parcours délicat d’une cabane à l’autre, chacune proposant une sélection d’oeuvres de jeunes artistes. A vrai dire, on est quelque peu frustré de devoir contourner l’oeuvre sans pouvoir y pénétrer, y cheminer pleinement. Pour l’artiste, il s’agit de questionner la sculpture même à travers ces cabanes, constructions entre vide et volume, entre sculpture et socle.

Babi Badalov 
Simon Evans
Enfin, quelques interventions plus modestes mais tout à fait intéressantes :
-le travail de Babi Badalov se situe entre poésie et art, sous la forme d’un vaste collage de mots et de concepts visant à rendre hommage au multiculturalisme parisien. « Ce que je fais consiste surtout pour moi en une succession d’erreurs grammaticales ».
-Martin Soto Climent crée une remarquable sculpture de collants qui forme comme une voûte pour le nouveau café du musée, le Bas-Bar
-Enfin, Simon Evans, duo d’artistes, proposent un bel ensemble (« not not knocking on heaven’s door ») d’oeuvres sur papier, entre collage, récupération et dessin.

















































