Art contemporain chinois à Neuilly

FONDATION VUITTON, Neuilly, Janvier-Août 2017

Zhang Huan_scène chinoise_fondation Vuitton_26 mars 2016

« Des artistes chinois à la fondation Vuitton », à travers une exposition de la jeune scène et un accrochage des collections permanentes dédié à l’art contemporain chinois…

Difficile d’égaler la qualité de la programmation 2015 avec les expositions Eliasson et « les clefs d’une passion »… Manifestement l’exposition « Bentu » n’a d’autre cohérence que la nationalité de ses artistes : les approches sont très diverses, les thématiques, plurielles, les techniques, multiformes (vidéo, peinture, sculpture, installation…). Tout n’est pas de même qualité ni de même intérêt dans ce collage d’une douzaine d’expositions monographiques. Cependant, quelques ensembles sont extrêmement percutants, en particulier les oeuvres de Liu Wei, Xu Qu et Qiu Zhijie.

Liu Wei travaille sur l’espace et évoque à travers un langage marqué par le minimalisme tant les constructions et destructions liées à l’urbanisation de la Chine que l’architecture de Gehry. Une très belle installation de bois, de verre, de métal et de pvc. Dans « currency wars », Xu Qu détourne des motifs de billets de banque de multiples devises pour en faire des abstractions sous la forme de peinture double et mobile, en référence aux flux monétaires. Un renvoi à la mondialisation comme à l’impact croissant de l’argent dans le monde de l’art. Qiu Zhijie compose un vaste paysage à l’encre parsemé de textes en anglais et en chinois évoquant les mutations culturelles et géographiques de la Chine. A voir également les oeuvres de Hao Liang ou encore de Xu Zhen -également présent dans les collections permanentes et qui développe une réflexion sur l’unicité de l’oeuvre d’art et du marché-.

Les espaces dédiés aux collections permanentes sont également à l’heure chinoise avec de remarquables propositions d’Ai Weiwei, Yan Pei-Ming, Zhang Huan, Zhang Xiaogang, Huang Yong Ping…même si les installations video m’ont moins convaincue à l’exception peut-être d’Isaac Julien. La salle qui offre un parallèle entre les toiles sombres, denses et monumentales de Yan Pei Ming et les triptyques et sculpture de cendres de Zhang Huan est particulièrement réussie. On peut y admirer une superbe acropole dans une gamme de noirs, de gris et de blancs, -symbole de culture et de démocratie menacé par une volée de corbeaux- de Yan Pei-Ming, « all crows under the sun are black » ainsi que « sudden awakening », bouddha inspiré des traits de l’artiste, oeuvre d’une grande délicatesse et douceur de Zhang Huan. Un accrochage de grande qualité…à voir.

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Author: Instant artistique

Conservateur de bibliothèque. Diplômée en Histoire et histoire de l'art à l'Université Paris I et Paris IV Panthéon-Sorbonne. Classes Préparatoires Chartes, École du Patrimoine, Agrégation Histoire. Auteur des textes et de l'essentiel des photographies de l'Instant artistique, regard personnel, documenté et passionné sur l'Art, son Histoire, ses actualités.

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