GRAND PALAIS, Paris, Mars-Juillet 2017

Le centenaire de la mort d’Auguste Rodin (1840-1917) est célébré par une vaste exposition rétrospective au Grand Palais. L’intérêt principal de ce parcours thématique (Rodin expressionniste, Rodin expérimentateur, Rodin l’onde de choc après 1945) est, outre de présenter un grand nombre d’œuvres du maître, dans divers états (terre, plâtre, bronze) et relevant de diverses pratiques (sculpture modelée ou moulée, dessin), de mettre l’accent sur l’impact de l’œuvre de Rodin sur la création sculpturale des XXe-XXIe siècles.

Rodin, la mort vers 1898 
Giacometti
L’expressionnisme de Rodin se veut une sensibilité propre, un regard particulier par rapport au temps, à la matière et au sens. Par ailleurs, l’artiste -en rupture avec une grande part de la sculpture du XIXe siècle-, privilégie l’expression des passions au travers du corps sur toute représentation « narrative ». « Le corps est un moulage où s’impriment les passions », dit-il. Ces œuvres atteignent ainsi une dimension universelle, dramatique et essentielle inédite. Des artistes tels que Bourdelle, Zadkine ou Lehmbruck s’inspirent de cette expressivité, tout en amplifiant et déformant le modelé.

Rodin, femme nue debout drapée vers 1900 
Tracey Emin, lonely chair drawing I 2012
Les dessins de Rodin, notamment les dessins noirs, réalisés à l’époque de la genèse de la « Porte de l’enfer », inspirent également la postérité artistique de Rodin. L’exposition propose de beaux parallèles entre le maître et des artistes aussi différents que Beuys, Schiele, Marcheschi, Gormley, Tracey Emin, Tony Cragg etc.

Brancusi et Rodin 
Gormley
Qu’il s’agisse de « thématiques » telles que la porte, le portrait, le torse, ou plus encore de techniques expérimentales telles que le collage, l’assemblage, la reconnaissance du fragmentaire comme œuvre en soi, la série et la variation, la recherche –dans le processus même d’élaboration des formes- d’un renouvellement de son art, l’intégration du processus créatif à l’esthétique de l’œuvre, l’insertion des sculptures dans l’espace etc. la marque laissée par Rodin sur les sculpteurs postérieurs (Fautrier, Giacometti, Gormley, de Kooning, Sui Jianguo etc.) se révèle déterminante. L’œuvre du maître fait l’objet de relectures et de réappropriations successives qui, chaque fois, enrichissent le regard qu’on lui porte.

Rodin, la martyre agrandissement 1899 
Rodin, fugit amor av 1887
Un bel hommage à un œuvre essentiel dans l’histoire de la sculpture, que complète magistralement l’intervention d’Anselm Kiefer au musée Rodin.



























