BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE, Paris, Mars-Juillet 2016
MUSEE MOREAU, Paris, Mai 2016

Mardi dernier…Barcelo, « sol y sombra », chapitre II. Après la céramique et la peinture au musée Picasso, l’oeuvre gravé de Miquel Barcelo à la Bibliothèque nationale. Par-delà une petite exposition de qualité constituée principalement d’estampes, de quelques sculptures et peintures toutes caractérisées par leur aspect expérimental, le plus impressionnant et passionnant est sans aucun doute l’oeuvre éphémère réalisée avec une grande spontanéité par l’artiste majorquin sur les vitres bordant les salles de lecture de la bibliothèque et qui rend hommage au philosophe majorquin Ramon Llull.
Des vitres recouvertes de terre sur laquelle l’artiste a gratté, dessiné, fait surgir un riche bestiaire (aurochs, rennes, fauves mais aussi poissons, méduses, requins…) accompagné de quelques silhouettes humaines, figure de crucifié, anges etc. une fresque qui n’est pas sans évoquer l’art pariétal. Les squelettes abondent et donne à cette oeuvre de 190m de long des allures de danse macabre animée par la lumière qui transparait sous la couche d’argile. Quant au titre de l’oeuvre, le grand verre de terre, il s’agit probablement d’un clin d’oeil à Duchamp. « Graver ou peindre, c’est une espèce de pulsion, une pulsion très érotique ». L’oeuvre est présente jusqu’en août. A voir.

Codex Urbanus_rue des Francs-Bourgeois, Paris 
Codex Urbanus_musée Gustave Moreau_17 mai 2016
Et pour finir la journée petit tour au musée Gustave Moreau investi temporairement par le street artiste Codex Urbanus. ça faisait très longtemps que je n’avais visité ce musée qui conserve, avec sa scénographie et son mobilier d’époque, son accrochage chargé et « touche touche », un côté suranné et poussiéreux qui n’est pas sans charme. Sans réellement dialoguer stylistiquement avec les oeuvres de Moreau, l’oeuvre atypique de Codex s’y inscrit respectueusement et discrètement. Là aussi, tout un bestiaire très personnel, une « mythologie personnelle », un côté fantastique et onirique qui rejoint quelque peu la peinture de Moreau. Des encres de chine, des dessins, un éventail, des « feuilletons » d’époque détournés…un parcours intéressant.
























