Belles rencontres dans le Marais

Heinz Mack_galerie Perrotin_12 mai 2016 (2).JPG

GALERIE PERROTIN, Paris, Avril-Juin 2016

GALERIE ROPAC, Paris, Avril-Mai 2016

GALERIE FILLES DU CALVAIRE, ESPACE TOPOGRAPHIE DE L’ART, MOR CHARPENTIER, Paris, Mai-Juin 2016

Belle surprise galerie Perrotin avec la remarquable et ample -elle couvre l’ensemble des espaces de la galerie- exposition consacrée à l’artiste cinétique Heinz Mack, membre fondateur du groupe ZERO avec Klein ou Soto et auquel on doit indirectement le titre de l’exposition « Dynamo » au Grand Palais en 2013. Des oeuvres assez diverses mais toutes marquées par une même quête, « une exploration constante, à la fois systématique et sensuelle, du spectre lumino-chromatique et de ses seuils perceptifs »(Matthieu Poirier). Des oeuvres entre tableaux et sculptures pour lesquelles le terme de relief est approprié, dialoguant avec l’espace et la lumière. Les mobiles sont particulièrement réussis, suspension de matériaux et formes géométriques pures perturbant l’espace alentour de leurs ombres et reflets. Certaines oeuvres sont plus surprenantes, s’éloignant quelque peu de l’art cinétique pour explorer le cercle chromatique en de vaste toiles abstraites.

La galerie Thaddaeus Ropac propose quant à elle un bel et important ensemble d’oeuvres de Robert Longo. Pour partie une relecture de toiles de maîtres (Rembrandt, Van Gogh, Vinci…) déclinée en de vastes fusains réalisés à partir de leur perception au rayon X. Une réflexion sur l’imperceptible, l’incertain, l’aura interne d’une peinture. D’autres thématiques sont abordées : un impact de balle sur une vitre, un iceberg massif pénétrant violemment l’espace de la galerie. ..

Radenko Milak_galerie des filles du calvaire_12 mai 2015

Plus peut-être que les « cutting » un peu froids de Katrien de Blauwer, l’exposition Radenko Milak mérite un détour par la galerie des filles du Calvaire. Cet artiste bosnien travaille à partir du flux d’images qui nous entoure, détournant des photographies, des images cinématographiques etc., les déclinant en série à l’aquarelle, au lavis…d’une grande force visuelle.

Radenko Milak nous dit que la peinture peut à nouveau activer la profondeur de champ parce qu’elle crée un écart esthétique entre l’image, sa représentation mentale, son souvenir et sa perception.

Mauvaises graines_espace topographie de l’art-12 mai 2016

L’exposition collective « Mauvaises graines » à l’espace topographie de l’art est assez foisonnante, hétéroclite. J’en ai retenu le travail toujours délicat d’Anaïs Ysebaert, qui s’approprie cette fois des formats assez grands sous la forme d’un diptyque accompagné de ou scindé par une sculpture. On retrouve ses silhouettes noires ou squelettiques auxquelles répondent les branches dénudées des arbres, son bestiaire assez romantique (chouette, loup), ses tonalités sombres souvent marquées par la présence de l’encre de chine rehaussée de blancs

Cette balade artistique s’est clôturée par le vernissage de la première exposition monographique d’Enzo Mianes, « anaxagore », chez Mor Charpentier. Un travail très délicat lui aussi à base d’objets de récupérations, des centaines de clefs rouillées composant un tableau nuancé et trompeur. A distance, on est quelque peu ébloui comme par le fond d’or d’une peinture gothique…Un vitrail constitué en réalité de fragments de verre récupérés, comme nous le rappelle la présence de mégots de cigarettes, de capsules…La première pièce à l’entrée de l’exposition est particulièrement impressionnante, suite de tas de matière reprenant forme ou se désintégrant peu à peu -selon l’ordre de lecture que l’on adopte-, poussière issue d’objets du quotidien requalifiés, repoétisés et chargés de mémoire par l’artiste. Le titre de l’exposition vient du philosophe grec homonyme dont Enzo Mianes illustre l’aphorisme  » Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau. »

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