MUSEE D’ORSAY, Paris, Octobre 2017-Février 2018

Le musée d’Orsay réunit une impressionnante suite de portraits de Paul Cézanne, véritable leçon de peinture grâce à la présence de séries et de variations consacrées au même sujet : l’oncle Dominique, Madame Cézanne, le portrait de l’artiste. Du premier autoportrait de Cézanne, réalisé à partir d’une photographie et particulièrement violent par son regard injecté de sang, au portrait de Madame Cézanne en bleu (Orsay 1886-87) qui dérange par la distance à laquelle l’artiste tient son modèle au regard vide, se focalisant principalement sur le tracé et la géométrie de son visage, en passant par sa peinture « couillarde », caractérisée par de forts empâtements, le travail au couteau et une grande vigueur de touche, le portrait cézannien n’a rien d’académique mais porte à l’inverse les recherches picturales de l’artiste.

Cézanne, homme aux bras croisés, 1899, Guggenheim New-York 
Cézanne, Alfred Hauge 1899, West palm beach Florida
Après le faire brutal des débuts, on observe donc un travail plus délicat de la couleur, quelques échos aux recherches impressionnistes dans certains autoportraits puis une touche plus délicate et une plus grande sérénité dans le magistral autoportrait au chapeau melon de la fin des années 1880 (collection privée) ou le mélancolique portrait d’homme aux bras croisés (Guggenheim, New York, 1899).

Cézanne, la dame en bleu, Ermitage 1904 
Cézanne, Victor Chocquet assis, 1877, Columbus museum of art
Mais l’héritage principal, celui que retiendront les cubistes mais aussi un Modigliani, un Brancusi, consiste en la simplification des formes selon une organisation stricte de verticales et d’horizontales, une géométrisation progressive des volumes…le portrait pensé comme une nature morte par celui qui souhaite « traiter la nature par le cylindre, la sphère et le cône ». A voir !
https://www.musee-orsay.fr/fr/expositions/presentation/portraits-de-cezanne-196096






























