GALERIE TEMPLON, Paris, Mars-Mai 2017
GALERIE ROPAC, Paris, Mars-Juillet 2017, Mars-Avril 2017
GALERIES POLKA, XIPPAS, Paris, Janvier-Mars 2017

L’artiste chilien Ivan Navarro investit la galerie Templon de ses sculptures en trompe l’œil, à la fois sculptures de néon et instruments de percussion, qui interrogent les liens entre musique et pouvoir. Chaque grosse caisse est marquée d’un mot en lumière, projeté à l’infini par un jeu de miroir, « slap », « bang », « beat », évoquant aussi bien le rock que la guérilla, l’agression que la résistance.
L’artiste rappelle ainsi que le son et le langage sont tout aussi bien des outils de propagande que des leviers d’insurrection. Il détourne en quelque sorte l’esthétique minimaliste en une subtile critique politique et sociale.
La galerie Thaddaeus Ropac propose un ensemble de pièces de Richard Deacon et Robert Mapplethorpe. A travers les « thirty pieces » de Deacon transparaît une curiosité à l’égard de matériaux des plus divers : acier, bois, béton réfractaire émaillé, pierre, ainsi qu’une virtuosité formelle. Si l’artiste s’inscrit dans la tradition d’auto-référentialité du minimalisme, les 30 œuvres peuvent toutefois évoquer les 30 pièces d’argent offertes à Judas pour sa trahison.
Quant à « Objects », de Mapplethorpe, il s’agit d’un ensemble assez surprenant de collages, montages photographiques, mélange improbable entre ready-mades et divagations érotiques d’un Dali…A noter tout particulièrement le remarquable « Jay Kiss », de 1973, sorte d’ex-voto en hommage à Jay, ami de l’artiste, et constitué d’un portrait en polaroïd sous lequel est suspendu un foulard de soie, celui-là même que porte Jay dans la photographie.
Le second volet de l’exposition « Taking my time » du photographe américain Joel Meyerowitz, présenté à la galerie Polka, se consacre aux paysages et à la lumière, loin de l’énergie new-yorkaise des débuts de l’artiste. Des œuvres d’assez grand format et en couleur explorant les tonalités, les contrastes, les effets de saturation de cette dernière : la couleur devient pour lui un véritable langage qui semble autosuffisant.
Quelques œuvres intéressantes chez Xippas sur la thématique de la « pattern recognition » ou comment reconnaître des schémas qui articulent le quotidien, des structures, des rythmes qui structurent le paysage urbain…J’ai particulièrement retenu le travail de Raha Raissnia, soit des compositions labyrinthiques à partir de formes répétitives et altérées, entre figuration et abstraction, ainsi qu’un exemple de la série des façades de Valérie Jouve, vue de bâtiments modernes rythmés par un motif répétitif.



















