Edme Bouchardon, une idée du Beau

MUSEE DU LOUVRE, Paris, Septembre-Décembre 2016

FONDATION RICARD, Paris, Septembre-Octobre 2016

Bouchardon Edme_Louvre_16 septembre 2016

Belle exposition Edme Bouchardon au Louvre (1698-1762), même si l’oeuvre graphique de ce précurseur du néoclassicisme (buste du baron Stosch) est bien davantage mise en exergue que l’oeuvre sculpté. Le parcours, chronologique et thématique, est assez satisfaisant. Il ménage des espaces spécifiques aux oeuvres majeures telles que « l’amour se taillant un arc dans la massue d’Hercule », la fontaine de Grenelle ou encore la sculpture équestre de Louis XV pour la place de la Concorde (détruite). Il révèle, notamment dans les premières salles consacrées aux années romaines de Bouchardon, l’influence remarquable des maîtres (Raphael, le Dominiquin et surtout le Bernin) et des antiques (notamment les antiques du Belvédère).

La présence des différents états de travail d’une oeuvre (dessins préparatoires à la sanguine ou à la pierre noire, terre cuite, plâtre, marbre) est également riche d’enseignements et les confrontations des plus intéressantes. A titre d’exemple, on peut admirer deux dessins (de face et de profil), copies du buste de Scipion Borghese par Bernin et leur influence sur un buste de Bouchardon.

Quant à la salle consacrée à « l’amour se taillant un arc dans la massue d’Hercule », outre le rapprochement de l’oeuvre du Louvre et de son modèle réduit (Washington) réalisé pour un commanditaire privé, elle propose un bel ensemble de dessins préparatoires témoignant de la genèse de l’oeuvre et de la minutie de l’artiste qui se plait à représenter le sujet sous différents angles, anticipant la rotation du spectateur autour de la sculpture finale. Le trait est toujours précis, nerveux et les volumes affirmés, annonçant la mise en espace dans la sculpture.

Le corps, qu’il s’agisse d’allégories, d’académies, de copies, de portraits ou encore de scènes mythologiques ou religieuses, intéresse au premier chef l’artiste et se veut, quelle que soit la technique, sculptural, tandis que le fond est souvent à peine détaillé, simplement strié de traits pour donner un peu de profondeur. Une place est également accordée à la diffusion de l’oeuvre de Bouchardon par la gravure, ainsi qu’au travail d’illustration de l’artiste pour des ouvrages de Caylus, Buffon ou encore à ses projets pour l’académie des inscriptions et médailles etc. La part de la sculpture m’a toutefois semblé insuffisante et quelques ouvertures sur la postérité de cet oeuvre ou des parallèles avec des artistes contemporains de Bouchardon auraient été appréciables.

Julien Crépieux_Fondation Ricard, Paris- 16 septembre 2016

Quant à la sélection d’oeuvres en lice pour le 18e prix de la fondation d’entreprise Ricard, elle se révèle assez contrastée et de qualité plutôt moyenne. Qu’il s’agisse de peinture, d’installation ou encore de vidéo, on relève une même réappropriation d’une imagerie contemporaine et une tendance à la pratique du montage. En dehors des élégantes suspensions de Melanie Matranga déjà vues à la fondation Ricard, je n’ai retenu que le travail de Julien Crépieux, original dans son dispositif d’apparition d’images réappropriées.

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Author: Instant artistique

Conservateur de bibliothèque. Diplômée en Histoire et histoire de l'art à l'Université Paris I et Paris IV Panthéon-Sorbonne. Classes Préparatoires Chartes, École du Patrimoine, Agrégation Histoire. Auteur des textes et de l'essentiel des photographies de l'Instant artistique, regard personnel, documenté et passionné sur l'Art, son Histoire, ses actualités.

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