CENTRE POMPIDOU, Paris Avril-Août, 2017, Février-Mai 2017

La photographie est à l’honneur au Centre Pompidou. Une grande rétrospective consacrée à Walker Evans dans une scénographie toutefois poussive, un travail de sélection insuffisant, un parcours manquant de fluidité, ponctué de textes des plus discrets et visuellement austères. Certes, c’est l’occasion de découvrir l’ensemble de l’œuvre de l’artiste dont les séries les plus connues sont assurément celles consacrées à l’Amérique en crise des années 1930 (dockers de Havane, métayers d’Alabama avec -outre les portraits incontournables des Burroughs des intérieurs d’une épure et d’une beauté remarquables-, réfugiés des crues du Mississippi).

Evans, Cobbletone street from above Brooklin 1928 29 
Certains travaux surprennent, tels que ses débuts marqués par un modernisme photographique frisant l’abstraction, ses séries de portraits de passants et de passagers du métro où le protocole semble parfois primer sur le résultat, ou encore ses séries consacrées à des églises noires d’une frontalité implacable qui annonce quelque peu les Bescher etc.


Evans, Christ or chaos 1943_ nova Scotia 1971
L’exposition rend bien compte également d’une certaine obsession mémorielle à l’égard de la « culture vernaculaire » envisagée comme sujet et comme méthode (vitrines de boutique, baraques, affiches publicitaires, enseignes et panneaux, paysages urbains, déchets…), visible également dans une collectionnite assez aigüe à l’égard des petits détails du quotidien aptes à révéler une certaine américanité (collection de cartes postales, d’enseignes etc.). Quelle que soit la grande qualité de certaines photographies et des rares rapprochements que propose l’exposition (Atget-Evans), la rigueur documentaire s’affirme et peine parfois à traduire la posture esthétique d’Evans.
« La fabrique d’exils », exposition consacrée à la genèse de l’ouvrage et de la série « Exils », de Josef Koudelka et faisant suite à un don de l’artiste au Centre Pompidou en 2016, se révèle d’une incroyable beauté et profondeur. L’artiste, après l’invasion de Prague par les soviétiques en 1968, entre en exil et parcourt, nomade, l’Europe. La singularité des cadrages, l’ »inquiétante étrangeté » qui innerve l’ensemble de cette série, les jeux d’ombres, le goût des « non lieux » (vides, absences, solitudes), participent de la puissance et de la grande qualité esthétique d’ »Exils ». A voir !























