MEMOIRE DE L’AVENIR, Paris, Mars 2019
GALERIE ANTOINE LEVI, Paris, Mars 2019
GALERIE ANNE DE VILLEPOIX, Paris,Mars – Mai 2019
GALERIE JOCELYN WOLFF, Paris, Mars – Avril 2019

Du côté des galeries bellevilloises, j’ai relevé le travail de l’américaine Laura McCallum galerie mémoire de l’avenir à l’occasion d’une exposition collective sur la persistance du sexisme. Dans ses séries « Games End », « Sabbatique » et « Danse du Futur », l’artiste réinvestit la symbolique du bandeau, symbole tantôt ludique, tantôt synonyme d’impartialité ou d’ignorance. Elle suggère ainsi, à travers le recours à des matériaux d’une grande délicatesse : mousseline, papier, fil, la fin du jeu, de l’ignorance pour atteindre une liberté nouvelle. L’artiste déclare au sujet de “sabbatique”:
This series developed during the dark days of winter when nights are sixteen hours long and Paris turns into a black and white scene: gray skies, black leafless trees, off-white buildings. Days would pass without seeing the sun. Color retreats indoors and Parisians follow.
A quelques mètres de là, la galerie Antoine Levi consacre une exposition collective à la régénération, une lecture du divin comme mode de compréhension du cycle de la vie et de la mort. La pièce tout en épure de Francesco Gennari exprime l’idée de double et d’infini à travers une barre métallique parfaitement divisée par l’or et l’argent.

Alberto Sorbelli_galerie Anne de Villepoix_30 mars 2019 
Annette Barcelo_galerie Anne de Villepoix_30 mars 2019
La galerie Anne de Villepoix accueille dans son nouvel espace une exposition collective développant un étonnant bestiaire comme autant de personnifications de la condition humaine, sous une belle lumière zénithale. Par-delà leurs spécificités techniques et stylistiques, les œuvres se répondent et composent un étrange patchwork violemment coloré, entre monstruosité et figures carnavalesques –telles les formes assez primitives d’Annette Barcelo et les têtes composées d’après Morisson, Debussy ou Haendel d’Alberto Sorbelli-, ironie et érotisme, chimères et créatures inquiétantes, et interroge le fait de « prendre corps ».
L’artiste argentin Diego Bianchi est à l’honneur à la galerie Jocelyn Wolff. De l’extérieur, la galerie aux fenêtres couvertes de latex, semble sciemment fermée, l’artiste souhaitant faire éprouver au visiteur la sensation de pénétrer dans une situation artistique. En dépit de pièces sculptées en mousse expansive des plus kitchs, les assemblages de l’artiste à partir d’éléments de chaises et de divers objets de récupération, par leur fragilité, leur singularité, leur équilibre précaire soigneusement pensé, ne sont pas sans poésie. Bianchi parvient à condenser des réalités diverses en ménageant leur complexité. Ces pièces sculptées, par leurs cadres irréguliers qui séparent les objets qu’ils encadrent de l’espace alentours et les figent temporellement, forment une sculpture pensée comme un tableau. Les matériaux en présence témoignent par ailleurs d’une volonté d’associer, de « réconcilier », plusieurs sens, notamment la vue et le toucher.«[…] la déviation est la seule stratégie possible pour laisser l’inattendu se produire », D Bianchi.


Paul Diemunsch
Découverte également du très bel espace de la résidence d’artistes la villa Belleville, à l’occasion d’une exposition de dessins présentée en parallèle de Drawing now. Un parcours en belle compagnie intéressant et inventif, à défaut d’être esthétiquement bouleversant.


