GALERIE FILLES DU CALVAIRE, Paris, Septembre – Octobre 2018

Une installation fascinante et sombre nous accueille dans l’espace de la galerie des filles du Calvaire. Il s’agit d’une sculpture réalisée en hommage à un texte de TS Eliot, « quatre quatuors », et constituée de pièces en bois noirci placées sur un « socle » de peinture blanche travaillée par des plaques de verre. L’œuvre a été réalisée par le maître d’œuvre de l’exposition « Human being/black sound », Emmanuel Saulnier, chef d’atelier à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris depuis 2002. Si chaque pièce qui constitue cette œuvre est minutieusement choisie et placée, elle ressemble aux débris naturels d’un vaste naufrage et dialogue admirablement avec les peintures sous verre, traces abstraites et quelque peu dramatiques, accrochées alentour.
A l’étage, Saulnier a convié quatre jeunes artistes à décliner le thème de l’exposition. « Human being/ Black sound/Black human/Sound being… Si ceux-ci n’atteignent pas la force suggestive de Saulnier, quelques propositions ont retenu mon attention, en particulier l’installation sonore de François Bianco, artiste présent au dernier salon de Montrouge et dans l’exposition 100% Beaux-arts présentée à la Villette cette année. Bianco dresse une singulière stèle constituée de cinq modules verticaux de bois peint en noir et d’acier dans l’espace de la galerie. Un haut-parleur est embarqué dans chaque module et diffuse un solo de contrebasse ponctué de notes de zampone, flûte traditionnelle italienne. Lorsqu’on s’approche de l’œuvre, sans pouvoir toutefois la pénétrer, le regard est attiré par l’éclat de fragments d’obsidiennes insérés dans la structure.
Téo Bétin propose de tout aussi étranges sculptures, assemblages précaires et instables de matériaux de récupération où il insère des photographies de bâtiments emblématiques d’Afrique. Mais plus encore que ces pièces, c’est sa vidéo, « Feux », au cours de laquelle il embrase ses sculptures, que j’ai trouvée digne d’intérêt. Par-delà la grande qualité de la réalisation, « Feux » suscite des émotions contradictoires par la beauté et la fascination à l’œuvre dans l’acte même de destruction…de créations (https://www.youtube.com/watch?v=6WbbuSisYbQ).
Entre création et destruction, ou plus justement apparition et disparition se situe également l’énigmatique série photographique « White dreams » de Steeve Bauras, aux limites de l’abstraction bien qu’il s’agisse de photographies de télévisions diffusant des documentaires de la 2e guerre mondiale.
HUMAN BEING / considérer l’autre [….] BLACK SOUND […] une pensée dans la solitude […] BLACK BEING / se consumer […] HUMAN SOUND […] Le SOUFFLE
François Bianco






