GALERIE JEROME POGGI, Paris, Juin – Juillet 2018
GALERIE LOEVENBRUCK, Paris, Mai – Juillet 2018
GALERIE DOHYANGLEE, Paris, Juin – Août 2018
GALERIE OBADIA, Paris, Juin – Juillet 2018

La galerie Jérôme Poggi présente « Surface Tensions » de l’artiste franco-canadienne Kapwani Kiwanga, ensemble de pièces jouant sur l’ambiguïté entre visible et invisible, dévoilement et occultation, tout en questionnant la notion de contrôle par le recours à des matériaux contraignant le regard et le mouvement. L’artiste, venue à la création par les sciences sociales, n’est pas pour autant un artiste-chercheur dès lors que ses recherches s’effacent au profit de formes abstraites. L’œuvre la plus fascinante de l’exposition est probablement « Jalousie », placée au centre de l’espace de la galerie et apparaissant comme un paravent d’acier, de verre et de miroir, strié de persiennes. Il s’agit principalement pour l’artiste d’évoquer les technologies de surveillance contemporaines. « Shady » ou « Three shades », constituée de métal et de bâches utilisées dans l’agriculture pour recréer les conditions climatiques de plantes issues d’autres biotopes, évoque le déracinement et l’adaptation forcée à travers une structure ouverte et fermée tout en épure.
Dans un tout autre registre et à travers un tout autre médium, le photographe hongrois Gabor Osz investit l’architecture des spomenik, cénotaphe et monument commémoratif de la 2de guerre mondiale. Il s’agit de sculptures abstraites, souvent géométriques, imposantes, coulées dans le béton, dont l’artiste s’efforce de rendre non pas l’image, sur un mode documentaire, mais les émotions qu’elles inspirent. Les sculptures sont déconstruites et abstraites plus encore par l’usage de chambres photographiques construites par l’artiste d’après la forme des monuments. L’image, ou plutôt la série photographique, qui en découle vise à transmettre, selon les vœux d’Osz, un « sens recomposé ». Le processus de création, à travers dessins et chambres noires aménagées, est présenté dans la galerie Loevenbruck.

Ronan le Creurer, falls 2017_Still life_galerie Dohyanglee-21 juillet 2018 
Timothée Chalazonitis, on n’a pas peur des ruines, d’après un graffiti inspiré d’un révolutionnaire espagnol_Still life_galerie Dohyanglee-21 juillet 2018
L’exposition que consacre la galerie Dohyanglee à la nature morte très contemporaine, sans doute trop axée sur l’art conceptuel et la vidéo, ne m’a pas convaincue, à de rares exceptions près, tandis que « un cheval, des silex », exposition de Benoît Maire à la galerie Obadia, s’est révélée assez déroutante, avec ses peintures de nuage à la limite du kitsch de part le mélange douteux de peinture à l’huile et à la bombe, ses natures mortes ponctuées de références historiques, ses assemblages détonants d’objets naturels et manufacturés et son étrange mobilier. L’artiste sonde les limites de la représentation et de l’abstraction dans une démarche souvent plus conceptuelle qu’esthétique.







