COUR CARREE DU LOUVRE, Paris, 12 avril – 28 août 2016

Dans la tradition des panoramas du XVIIIe siècle –procédé consistant à recouvrir de vastes peintures les parois intérieures d’un édifice circulaire afin d’immerger le spectateur dans le paysage représenté- et en écho à l’exposition consacrée au peintre Hubert Robert, grand créateur d’architectures imaginaires, de « caprices », du XVIIIe siècle, Eva Jospin place au cœur de la Cour carrée du Louvre une installation entre architecture et art, entre minéral et nature, invitation au déploiement de l’imaginaire.
C’est une petite folie architecturale qui est en correspondance avec Hubert Robert, avec l’idée de la ruine, de la grotte, avec une forme de romantisme dans le paysage.
Eva Jospin
De l’extérieur, on ne perçoit que le reflet des façades du palais de Pierre Lescot et Jean Goujon (XVIe) sur les parois d’acier poli, lisse et ordonné, de la construction décagonale sur pilotis de l’artiste, placée au-dessus du bassin central de la cour. Une passerelle permet d’accéder à l’intérieur du pavillon où un couloir périphérique obscur conduit à l’entrée d’une sorte de grotte. A l’intérieur, le visiteur chemine dans un univers étrange et intimiste, entre réalisme et rêverie, plongé dans un paysage impénétrable de forêts de carton se déployant à 360°.
L’artiste y sculpte le carton en haut relief, déclinant ses paysages imaginaires, ses forêts en perspective sans ligne de fuite. En travaillant la structure même du matériau et en mêlant des plaques de différentes teintes et épaisseurs, Eva Jospin obtient une grande variété d’effets. De l’épaisseur du carton, de la juxtaposition des plans et de la superposition des strates lacérées, ciselées, sculptées apparaissent le sous-bois, la densité et la profondeur de la forêt, les rochers, la fragilité de la nature. Une forêt irréelle, imaginaire, profonde et raffinée, lieu du mystère, du rêve, de l’intériorité, entre crainte et refuge.




