
GALERIE CHANTAL CROUSEL, Paris, Juin-Juillet 2018
La galerie Chantal Crousel expose un très bel ensemble d’œuvres sur papier, ponctué de deux volumes en acier corten, de l’artiste suisse Fabrice Gygi. Un travail étonnant par l’équilibre précaire à l’œuvre dans chaque pièce entre une extrême rigueur de composition, une recherche de perfection dans l’épure géométrique et la part donnée à l’irrégularité, la coulure, la tâche, les traces de dessins sous-jacents, soit le désordre apporté par la main de l’homme à l’ordre géométrique et qui éloigne quelque peu Gygi des principes minimalistes qu’il semble à première vue prolonger -sauf à invoquer la pratique d’une Agnès Martin-. Tout un jeu de traces du processus de création qui humanise les réalisations et les rendent uniques, tout comme la radicalité de la réduction de l’objet à quelques lignes ou arêtes renforce paradoxalement sa présence.
Depuis 2010 en effet, l’artiste s’est détourné de l’installation pour des sculptures et, dans cette nouvelle exposition, des aquarelles, caractérisées par l’affirmation des lignes droites, abstraites et élégantes, aux dépens des courbes et des obliques, la prédominance de la géométrie des cubes élaborés selon le nombre d’or, des parallélépipèdes, de formes et assemblages modulaires, aux dépens de toute référence au corps. Les aquarelles, réalisées dans une gamme volontairement restreinte de couleurs, alternent les lignes horizontales et verticales et témoignent d’un processus de création exigeant, d’une concentration et d’une tension interne afin de contrôler son geste.
https://www.crousel.com/…/FG_SelectedPress_07_15_web_1.pdfhttp://www.paris-art.com/fabrice-gygi-chantal-crousel-d…/








