FONDATION GULBENKIAN, Paris, Mai-août 2017
Découverte du travail singulier de l’artiste portugaise Graça Morais à la fondation Gulbenkian. Un recours systématique à la métamorphose, à l’hybride, à la métaphore animalière, au dialogue fréquent avec la littérature et la poésie… Ainsi, dans une intéressante suite de dessins sépia et or réalisés sur des partitions de musique, l’artiste dialogue avec le poème « Orphée et Eurydice » de Sophia de Mello Breyner et accompagne la fusion entre le corps des amants et le cistre.
Même dialogue entre dessin et écriture avec le livre « les métamorphoses » d’Agustina Bessa. Les dessins homonymes de Morais développent la métaphore de la femme-sauterelle, élégante et fragile, forte et faible, auteur et victime de son destin, fléau ou symbole de fertilité selon les références culturelles convoquées.
Morais poursuit à travers ses dessins un questionnement sur l’identité de son lieu de naissance, la région de Tras-os-Montes, au Nord du Portugal, terre rude et pauvre, ses valeurs sociales et universelles, à même d’inspirer par l’image des élans narratifs chez nombre d’écrivains portugais contemporains. Le choix du dessin comme médium premier de l’artiste n’a rien de fortuit : il est, selon Jean-Luc Nancy :
la pulsion et la pulsation d’être au monde… Et tous les sens, sentiments, sensitivités, sensualités sont les délinéations de cette pulsion et pulsation – reprises pour être plus finement et plus intensément dessinées, portées à une puissance infinie…
Jean-Luc Nancy, Le plaisir au dessin, Pars, Galilée, 2009












