GALERIE TEMPLON, Paris, Mars-Mai 2019

Si l’oeuvre d’Abdelkader Benchamma au collège des Bernardins l’an dernier était impressionnante, https://www.facebook.com/instantartistique/posts/752658801734536, sa première exposition à la galerie Templon, au sortir d’une résidence à la villa Médicis, se révèle d’une grande qualité et sans doute plus dense et plus diverse sur le plan technique (dessins mural ou sur feuille, fresques murales, collages). On y retrouve toutefois la prégnance du noir et du blanc, un dessin mural à l’encre tout à la fois libéré et des plus maîtrisés.
« Engramme » -trace biologique de la mémoire dans le cerveau- s’intéresse au monde de la neurophysiologie. La fresque homonyme, ponctuée de dessins, dynamise l’espace d’exposition et n’est pas sans rappeler, malgré la thématique sous-jacente, la pensée de l’expansion de l’univers, le rapport à l’insaisissable, à l’infini, à l’œuvre dans « écho de la naissance des mondes ». Un trait d’une grande variété, -de la réserve et de l’effacement à une grande densité de noir, de la régularité d’une gravure ancienne à d’amples lignes ondulantes piégeant parfois le regard dans un abîme, – se répand sur les murs, composant des « images » (cf Didi Huberman), des paysages, à la limite de l’abstraction, convoquant de multiples mondes, le minéral (la sédimentation des roches), le céleste, l’eau…
L’artiste interroge également l’image dans un diptyque, « book of miracles », inspiré d’une image de propagande religieuse trouvée sur internet et qui sonde la représentation figurée et les interdits dans les arts islamiques. « Dessin dynamique, dessin jouant avec le vide, dessin fossilisé » ou le dessin s’échappant de la feuille pour investir et métamorphoser l’espace alentours, se répandre sur plusieurs panneaux réunis en polyptyques ou devenir installation à même le mur. Il s’en dégage une incroyable énergie ainsi qu’une évocation de forces et de temporalités a-humaines.





