JEU DE PAUME, Paris, Octobre 2017-Janvier 2018

Plongée photographique dans l’univers d’Albert Renger-Patzsch au Jeu de Paume, acteur essentiel de la Nouvelle Objectivité, courant né dans l’Allemagne des années 20, et dont l’œuvre participa de la reconnaissance de la photographie comme art, notamment comme médium le plus à même de représenter la réalité industrielle moderne. Une approche marquée par la grande rigueur formelle, la netteté et la qualité technique, apte néanmoins à articuler réalisme et potentiel artistique du médium.
On relève une grande attention portée au détail, aux structures, aux formes, à la composition, à la sérialité des éléments industriels comme naturels -sérialité également propre au médium-. Un désir de représenter l’essence d’un sujet tout en mettant en exergue les qualités du médium, en usant parfois de cadrages serrés voire de recadrages pour isoler certains sujets et en intensifier la perception.L’exposition offre un remarquable panorama de ce photographe prolifique.

Renger-Patzsch, paysage près d’essen et charbonnage rosenblumendelle 1928 
Renger-Patzsch, charbonnage 1951
J’ai particulièrement retenu les vues de forêts (dont les magistrales « forêt de montagne en hiver », « forêt de sapins en hiver»), quasi abstraites par leur incroyable qualité formelle, leur réduction à une structure dépouillée, la focalisation sur les verticales, les contrastes, la géométrie ; quelques étonnantes photographies capturant l’émergence de la ville moderne et industrielle dans le paysage rural, la tension entre tradition et modernité, telles le « paysage près d’Essen et le charbonnage Rosenblumendelle », 1928 ; tandis que son intérêt pour l’architecture industrielle annonce l’œuvre des Becher.











