PETIT PALAIS, Paris, Mars-Juillet 2017

Si le Louvre met en exergue cette saison le XVIIe siècle, le siècle suivant est à l’honneur au Petit Palais avec une exposition principalement consacrée au dessin français du XVIIIe siècle et une exposition sur l’art religieux du XVIIIe siècle, appelée un peu exagérément « baroque des Lumières ». La sélection d’œuvres de la collection Horvitz est plutôt éblouissante. Le dessin du XVIIIe siècle, qu’il soit préparatoire à une œuvre peinte ou œuvre en soi, se révèle d’une incroyable diversité et liberté technique. Le dessin est bien décidément le medium premier pour saisir le dessein de l’artiste et sa sensibilité.

Francois Boucher, Femme nue allongee, vers 1740 
Oudry, l’amour et la folie
L’exposition propose une agréable alternance de dessins et de peintures, ponctuée de quelques sculptures et déployée en un parcours thématique, monographique (Boucher avec son impressionnante « femme nue allongée » et sa « mort d’Hippolyte », toutes deux marquées par l’abondance et l’élégance des courbes, Fragonard…) et chronologique, de la Régence à la Révolution. Se succèdent ainsi les sanguines d’une grande spontanéité de Watteau (« paysage », « homme en costume persan debout de dos ») ou Fragonard (« jardin d’une villa italienne »), le surprenant « caprice architectural » d’Oppenordt, les dessins de sculpteurs de Bouchardon, Pajou et la « jeune femme dormant » de Vassé, les impressionnantes académies d’hommes de François Lemoyne, Boucher, Carl Van Loo, les paysages de ruine d’Hubert Robert -dont le remarquable « caprice romain avec les dioscures »-, Joseph Vernet, Lallemand (« place Navone inondée »), jusqu’à l’affirmation du néo-classicisme avec David (dessins préparatoires à la peinture « la douleur d’Andromaque » du Louvre) ou Vincent.
Le parcours aborde l’ensemble des genres de l’époque : portraits -dont l’admirable « mort de Cléopâtre » de Rivalz, bien différente du même sujet traité plus loin par Fragonard à la touche beaucoup plus nerveuse et apparente et qui perd sciemment son héroïne dans une scène de groupe, peinture mythologique (Doyen, « Cybèle tourmentée par les éléments ») et religieuse, fête galante, paysage et peinture animalière, scènes de genre, études de caractère, toujours évoqués à travers des feuilles d’une grande qualité. Il réserve quelques surprises telles que « l’amour et la folie » d’Oudry, artiste plus connu pour son art animalier que ses allégories, aux rehauts de blanc d’une grande intensité source de remarquables contrastes, ou encore l’étonnante composition des « pèlerins d’Emmaus » de Dandré Bardon, avec une scène religieuse reléguée à l’arrière plan au profit du jeune serviteur qui trône en plein de cœur de la pièce. A voir !







