Les résidents de la Casa Velazquez exposent

ACADEMIE DES BEAUX-ARTS, Paris, Février – Mars 2021

Katarzyna Wiesolek, 2020

L’exposition en cours à l’Académie des beaux-arts, consacrée à la promotion 2019-2020 des résidents de la Casa de Velazquez, m’a tout d’abord permis de revoir avec beaucoup de plaisir le travail de deux artistes issus des Beaux-arts de Paris, Justin Weiler et Katarzyna Wiesiolek, diplômés en 2017 et 2018.

Justin Weiler, « Bouquet pour Annie »

De Weiler, on retrouve au sein du parcours l’impressionnant « Bouquet pour Annie », relecture contemporaine de la peinture florale en forme de vanité constituée par l’assemblage de quatre-vingt un cadres. Pendant sa résidence, l’artiste, poursuivant sa recherche sur l’espace et le non-espace, l’intérieur et l’extérieur, s’est inspiré du Palacio de Cristal de Madrid qui servit à sa construction de serre tropicale, pour y déployer des feuilles d’aloé vera, symbole d’immortalité, emprisonnées dans un espace confiné, non sans résonance avec l’actualité.

Katarzyna Wiesiolek présente quant à elle une remarquable série de dessins, d’une grande maîtrise technique et d’une beauté insondable dans le jeu nuancé et dense du fusain, la sensibilité et la précision du trait. Des dessins chargés de mémoire et d’intimité qui évoquent et suscitent des émotions et se révèlent tout à la fois poétiques, mélancoliques et fragiles.

Autre artiste issu des beaux-arts de Paris, Pierre Bellot déploie de vastes mises en scène picturales inspirées de photographies ou d’archives personnelles qu’il revisite, pour faire naître des fictions et un sens nouveau, guidé par une quête de cohérence interne, formelle, au cours du processus de création, la peinture jouant avec le dessin sous-jacent. Le « parc inondé », 2020, présenté dans l’exposition, dépeint un parc d’attraction envahi par les eaux, comme la vision d’un avenir proche où la nature reprendra ses droits, où la montée des eaux due au réchauffement climatique menacera les terres pour n’y laisser que chaos et dévastation. Le travail de Sara Kamalvand s’interroge également sur le changement climatique et l’épuisement des ressources…Pendant son année de résidence à Madrid, l’artiste s’est intéressée aux origines abbassides de la ville, au IXe siècle, autour de son réseau souterrain d’eaux, patrimoine oublié, invisible, dont elle recherche la trace par-delà le tracé urbain, recherche qu’elle a conduite également à Téhéran et à Palerme. Diplômé de l’ENSAD et du Fresnoy, Hugo Deverchère développe quant à lui une réflexion entre art et science qui sonde notre rapport au monde, le rôle de l’imaginaire dans notre appréhension du réel. Le recours à une imagerie scientifique, froide, captée, virtuelle, modélisée, transposée, entre passé et futur, donne naissance à des œuvres tout à la fois étranges et poétiques, perturbant le réel et sa représentation.

Facebookrss
Facebookmail

Author: Instant artistique

Conservateur de bibliothèque. Diplômée en Histoire et histoire de l'art à l'Université Paris I et Paris IV Panthéon-Sorbonne. Classes Préparatoires Chartes, École du Patrimoine, Agrégation Histoire. Auteur des textes et de l'essentiel des photographies de l'Instant artistique, regard personnel, documenté et passionné sur l'Art, son Histoire, ses actualités.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *