GRAND PALAIS, Paris, Octobre 2016-Janvier 2017

L’exposition « Mexique 1900-1950, Diego Rivera, Frida Kahlo, José Clemente Orozco et les avant-gardes » au Grand Palais dresse un intéressant panorama d’un demi-siècle de création. Si le sous-titre de l’exposition met l’accent sur les « grands noms » de la peinture mexicaine du XXe siècle, l’exposition donne elle à voir des oeuvres plus méconnues et permet de belles découvertes.

Diego Rivera, paysage zapatiste recto 1915 
José Clemente Orozco, les morts
Elle met par ailleurs bien en exergue les caractéristiques d’un art mexicain influencé par les avant-gardes européennes, et tout particulièrement le cubisme et le surréalisme, mais ayant à coeur d’exprimer une forme de primitivisme, d’identité proprement mexicaines, marquée notamment par l’art précolombien.
Sans les artistes modernes occidentaux, qui s’approprièrent ce mélange de styles et de visions nés de traditions non occidentales, les muralistes mexicains n’auraient pu comprendre la tradition mexicaine indigène. Le muralisme mexicain est la conséquence du changement dans la conscience sociale que fut la Révolution mexicaine, comme du changement dans la conscience esthétique provoqué par la révolution artistique européenne du XXe siècle.
Octavio Paz

Alvarez Bravo 
Gabriel Orozco, Havre Caumartin 1999
La charge politique de la modernité mexicaine est manifeste tout au long du parcours où morts, pendaisons, violence révolutionnaire imprègnent maintes oeuvres, de la photographie emblématique d’un ouvrier en grève assassiné, d’Alvarez Bravo (également exposée dans l’exposition Soulèvements de Didi Huberman), aux toiles de José Clemente Orozco « paysage de pics », « les morts » etc.
Bien entendu, le courant le plus emblématique de l’art mexicain, le muralisme, n’est évoqué qu’indirectement à travers des oeuvres « mobiles » de ses protagonistes. En conclusion, une exposition intéressante mais dont la sélection aurait pu être resserrée afin de ménager par exemple quelques incursions dans la création contemporaine qui n’est guère représentée que par une remarquable pièce de Gabriel Orozco…

















