GALERIE DES FILLES DU CALVAIRE, Paris, Juin – Juillet 2018
GALERIE RX, Paris, Juillet – Septembre 2018

Quelques visites dans les galeries du Marais avant la fermeture estivale de bon nombre d’entre elles. La galerie les filles du Calvaire accueille une exposition collective sur le thème de « l’histoire d’après ». Des propositions narratives, inspirées d’autres œuvres ou d’images mentales, aboutissant à des allers-retours du documentaire à la fiction, du passé au présent, du présent aux futurs possibles. Laurence Aëgerter traduit ainsi, à travers une remarquable série photographique, la progression de la lumière du soleil sur un livre ouvert sur une photographie de la cathédrale de Bourges jusqu’à la disparition de l’image dans l’ombre, la perte paradoxale d’un symbole d’éternité. Elle propose par ailleurs une relecture contemporaine des images illustrant « Tristes tropiques » de Lévi-Strauss et réalisées au Brésil dans les années 30. Avec le concours d’habitants d’un village de Frise, elle interroge la liberté de nos sociétés actuelles.

Katinka Lampe 
Christer Stromholm
Katinka Lampe, peintre néerlandaise, réalise quant à elle une madone contemporaine convoquant certes l’histoire de la peinture mais tout en lui résistant par sa singulière présence. A l’étage, « les amies de la Place Blanche » de Christer Strömholm, remarquable série de portraits d’un monde différent et solitaire, nocturne et aliéné, voisinent avec des clichés de Smith, marqué par le travail du photographe suédois et « Constellacion », de l’espagnole Carmela Garcia, qui aborde également la question du genre et plus particulièrement celle de la condition féminine.
La galerie RX propose quant à elle un éclairage sur le travail de Mrdjan Bajic. Si ses dessins ont déjà été présentés à l’occasion d’expositions collectives, c’est surtout ses étranges assemblages qui font l’objet de « Transversales » et plus encore son processus de création entre dessins, maquettes, collages, sculptures. Les objets sculpturaux de Bajic sont constitués de matériaux de récupération qui donnent lieu, en dépit de leur apparence quelque peu ludique, à des élaborations instables, détonantes et proposant une lecture critique du monde contemporain, telles cette vespa surmontée d’un globe inspiré des photographies d’une tomate exposée à des radiations nucléaires et dont les déformations évoquent les tensions géopolitiques et aboutissent à une désagrégation des continents.



















