GALERIES POGGI & PUTMAN, Paris, Septembre – Octobre 2018

« Absolu incertain », c’est le nom de l’exposition collective actuellement proposée par la galerie Poggi, intitulée d’après un texte de Georges Tony Stoll dont plusieurs toiles de la série « Paris Abysse » sont présentées. Si l’on y retrouve une œuvre de Kapwani Kiwanga, exposée cet été à la galerie, c’est surtout deux toiles récentes de Djamel Tatah qui retiennent l’attention, une peinture toujours très épurée, constituée de vastes aplats de couleurs douces et minutieusement choisies, des verts et des gris sombres, sur lequel se détachent des figures silencieuses, solitaires, comme suspendues dans le temps et explorant la présence de l’être au monde.
Ma peinture est silencieuse. Imposer le silence face au bruit du monde, c’est en quelque sorte adopter une position politique. Cela incite à prendre du recul et à observer attentivement notre rapport aux autres et à la société.
La galerie Catherine Putman accueille un bel ensemble d’œuvres sur papier sur le thème du noir et blanc. Les approches sont des plus diverses, qu’il s’agisse du geste délicat et tout en épure de Geneviève Asse, qui d’un trait minimal partitionne la feuille en deux dans « Horizontale lumière, 1972 », des constructions tout à la fois libres et maîtrisées de Georges Noël (« Cuzco, 1984 ») ou Buraglio, du travail à l’encre d’Antonio Saura (« Perro de Goya, 1981 ») ou Henri Michaux, d’un paysage gravé des plus nerveux de Baselitz, de l’aquatinte d’une belle densité d’Alain Clément et Gérard Traquandi, l’un dans l’abstrait, l’autre dans ses représentations de forêt, ou encore des surprenants tirages de Sophie Ristelhueber, qui explore toujours la thématique de la trace mais dans un langage où l’image semble surgir des ténèbres, où des formes évanescentes émergent d’un noir particulièrement intense.











