MUSEE PICASSO, Paris, Mars-Septembre 2017
Il est décidément surprenant de constater à quel point le musée Picasso se métamorphose intégralement à chaque nouvelle exposition. L’ensemble de l’accrochage est profondément repensé, non seulement aux étages d’expositions temporaires mais également dans les espaces réservés aux collections permanentes et à la collection de l’artiste.
L’exposition consacrée à Olga Picasso, soit principalement la période 1917-35 où elle vécut avec l’artiste, se développe thématiquement : mélancolie de l’ancienne danseuse de Diaghilev qui a dû fuir la Russie révolutionnaire, métamorphose, crucifixions et corridas, cirque, atelier, Eros et Thanatos etc. Olga revient inlassablement sous le pinceau de Picasso, d’abord sous une facture classique, statique et pensive, puis, à partir du milieu des années 20 et en écho à la crise que connaît le couple tandis que Picasso rencontre secrètement Marie-Thérèse, sous une forme douloureuse, molle voire monstrueuse, menaçante et violente, dont l’acmé est le baiser cannibale de 1931 ou la confrontation entre masculin et féminin dans les combats de taureau et de cheval. L’occasion de contempler quelques œuvres rarement exposées et de grande qualité, notamment la série de dessins de crucifixion (1932), meurtre (1934), peintre et modèle (1928)…
Chaque tableau est une fiole pleine de mon sang. C’est avec cela qu’il a été fait.
Picasso, 1958