CENTRE POMPIDOU, Paris, Septembre 2017-Janvier 2018

La remise du prix Marcel Duchamp 2017 aux artistes libanais Joana Hadjithomas et Khalil Joreige ne m’a guère surprise après avoir visité l’exposition des nominés du prix au centre Pompidou. Il s’agit en effet de la proposition la plus efficace, tant visuellement que dans son propos. Un travail de mémoire, entre sculpture, photographie, dessin et vidéo, entre art, archéologie et géologie pour contrer l’effacement des traces et des archives.
L’installation est constituée d’un ensemble de suspensions –carottages réalisés à Paris, Beyrouth et Athènes, prélèvements resculptés de sites en construction et appelés à disparaître, palimpsestes- rappelant les cycles de construction et destruction constants dans l’histoire humaine.

Maja Bajevic, sous les plantes les plages 2017 
Vittorio Santoro
Plus généralement, la sélection 2017 travaille la thématique particulièrement prégnante depuis quelques temps dans la création contemporaine de l’archive. Des œuvres sur la mémoire, chargées de temporalités, relecture du passé dans le présent. Au travers d’une installation entre ruine et machine futuriste, Maja Bajevic interroge les utopies oubliées et tente parfois de supplanter la post-vérité actuelle par l’inconscient.

Charlotte Moth 
Charlotte Moth 
Vittorio Santoro
Charlotte Moth déploie dans l’espace des moulages d’anciennes sculptures publiques de la ville de Paris qu’elle « déterritorialise » par des jeux de lumière nés d’un disque de laiton : des œuvres souvent commémoratives et civiques deviennent alors supports de rêverie intime. Vittorio Santoro interroge quant à lui les rapports de tension entre langage et monde, corps et environnement, matière et pensée. La fenêtre-guillotine qui introduit son installation évoque puissamment l’ambiguïté du regard, entre observation et voyeurisme. Intéressant à défaut d’être bouleversant.
