
CENTRE POMPIDOU, Paris, Octobre 2021 – Janvier 2022
Le Centre Pompidou accueille la 21e édition du prix Marcel Duchamp, témoignant, malgré le contexte actuel, de la vitalité de la scène artistique française.
Julien Creuzet propose un ensemble de pièces hybrides mêlant objets trouvés et dispositifs technologiques, contemporanéité et histoire coloniale, tout en évoquant la figure du trompettiste et philosophe des mathématiques Jacques Coursil.
Lili Reynaud Dewar, lauréate du prix, convoque l’image de Pier Paolo Pasolini dans son projet « Rome, 1er et 2 novembre 1975 ». A travers une installation vidéo composée de quatre projections simultanées et le recours à une vingtaine de proches incarnant Pasolini et Giuseppe Pelosi, accusé du meurtre, elle évoque la dernière journée du cinéaste avant son assassinat, alternant entre le destin du cinéaste et les parcours artistiques, les pensées intimes de ses interprètes, sondant le rôle social et politique de l’art tout en critiquant la culture de masse.
Par-delà la qualité de cette proposition, elle relève toutefois d’une artiste particulièrement engagée sur des problématiques sociales et raciales -dans l’esprit d’une culture woke manifestement trop prégnante dans la pensée actuelle, luttant « contre le capitalisme et toutes les formes de dominations qu’il incarne »-, connue pour la mise en scène de son corps, nu, couvert de peinture noire et s’inspirant des chorégraphies de Joséphine Baker, qui interroge son identité, sa place de femme dans l’espace et la société, la place des femmes et des artistes de couleur dans l’histoire de l’art et les institutions muséales occidentales.


pMD 2021
Entre science et art, le travail de Julien Charrière interroge le rapport de l’Homme à son écosystème et son évolution accélérée liées à l’industrialisation et aux nouvelles technologies. Elève d’Olafur Eliasson, il explore, dans sa proposition pour le prix Duchamp « le Poids des Ombres », la mémoire et les transformations du carbone, des diamants utilisés pour le forage pétrolier au sol de charbon constituant son installation en passant par le rejet de gaz carbonique, facteur essentiel du réchauffement climatique, qu’il s’est efforcé de capter dans une Arctique touchée par le fonte des glaces qui en découle, lesquelles conservaient l’histoire de l’atmosphère à travers les bulles d’air emmagasinées, de transformer par pressurisation en diamants et de rejeter à l’eau, les libérant de toute valeur productive.
Isabelle Cornaro enfin étudie notre rapport avec des objets issus de l’industrie de masse et tente de déconstruire notre regard. Elle parsème ainsi son installation épurée, ses peintures murales fondées sur la projection floue d’œuvres d’art où l’image se fait et se défait, d’objets standardisés, fragmentaires.
Quatre démarches très diverses mais manifestement trop complaisantes avec une certaine pensée à rebours de l’approche universaliste et humaniste de l’Homme longtemps première, tout au moins théoriquement, dans la pensée occidentale. Des démarches qui donnent à penser plus qu’à éprouver, où la créativité et la pauvreté des matériaux employés priment sur la qualité esthétique, sensorielle, émotionnelle, des œuvres, las !





