MEMORIAL DE LA SHOAH, Paris, Mars – Novembre 2018
COLLEGE DES BERNARDINS, Paris, Octobre – Novembre 2018

Le mémorial de la Shoah présente actuellement « les hommes du XXe siècle », un projet du photographe August Sander, qui décide au lendemain de la 1ère guerre mondiale de capturer la société allemande. La plupart des portraits sont anonymes, légendés simplement par la fonction de l’individu portraituré : jeune paysan, manœuvre, chômeur, peintre, persécuté, prisonnier politique, bohème…Mais quelle que soit cette fonction, il se dégage de chaque photographie une singulière dignité. Sander, emblématique de la photographie documentaire qui entend redonner de la lisibilité au monde, privilégie une lumière douce, un cadrage simple et large, une profondeur de champ qui détaille les matières et focalise sur le premier plan tout en isolant la figure, un point de vue souvent frontal, une posture plutôt statique -la spontanéité étant banni par le travail à la chambre avec un temps d’exposition-, des vues préservant l’intégralité du sujet.

Sander, jeunes paysans, 1914 
Sander, manoeuvre, 1928
A voir enfin, jusqu’au 10 novembre, le bel hommage d’Abdelkader Benchamma, « écho de la naissance des mondes », au physicien et astronome Georges Lemaître, premier penseur de l’expansion de l’univers, au collège des Bernardins. La pensée d’un espace infini, en expansion constante et dès lors nécessairement abstrait que l’artiste évoque au sol de la nef cistercienne par un jeu de formes abondantes et abstraites, sans sens ni centre ni contour. La pensée d’un « avant » encore plus mystérieux, que Lemaître évoquait comme « l’écho disparu de la formation des mondes ».












