GALERIE ROPAC, Pantin, Février-Juillet 2016

La galerie Thaddaeus Ropac à Pantin présente un bel ensemble d’oeuvres récentes de Tony Cragg. Certaines, les plus fortes à mes yeux, dans l’esprit des travaux présentés au Louvre en 2011, développent des formes quasi géologiques constituées de strates tourmentées, d’autres, plus surprenantes, s’inspirent d’objets du quotidien déformés et sont souvent animées d’un mouvement en spirale. Dans les deux cas un équilibre précaire apparaît, équilibre changeant lorsque l’on contourne les oeuvres, et frisant parfois le déséquilibre.


De temps à autres surgissent des formes plus organiques, comme un visage, une silhouette voire des corps enchevêtrés se dessinant dans le matériau. Les formes d’une grande complexité sont tout à la fois élancées, -ce qui n’est pas sans rappeler la colonne sans fin d’un Brancusi- et étirées à l’horizontal, ce qui évoque davantage la sculpture futuriste d’un Boccioni. Cette dynamique profonde des oeuvres produit un surprenant effet de légèreté, par-delà la monumentalité de la plupart des pièces et les matériaux utilisés : acier, bronze, pierre…


L’artiste se définit lui-même comme « matérialiste », c’est-à-dire que l’exploration des matériaux constitue le coeur de sa démarche. Des oeuvres à dominante monochrome mais qui jouent avec l’ombre et la lumière, les reliefs et les creux, les pleins et les vides, les veines du marbre ou du bois, ou, plus surprenant, se couvrent de chiffres sculptés en relief dans le matériau.












